vendredi 15 juin 2018

Résonance

;-) Dessins de Sw'Anne

"Le corps non pas comme espace de jouissance du monde
mais le corps comme espace de résonance du monde"

Fabrice Midal

lundi 11 juin 2018

Sur le virilisme en milieu militant, appel à la remise en question

 A nos amis, copains, amoureux, amants, militants avertis et anti-sexistes aguerris



Toujours nous voulons croire qu’il n’y a pas meilleurs alliés que vous, vous qui savez, vous qui parlez de l’anti-sexisme, vous qui respectez les espaces de non-mixité et vous interrogez sur les questions de genre. Toujours nous voulons fermer les yeux, vous accorder notre confiance sur le plan du sexisme et croire que vous pourrez vous battre avec autant de force que nous contre le patriarcat. Et toujours, nous nous trompons. Vous êtes les plus dangereux, ceux auxquels on ne fait plus attention, ceux qui ont compris un tout et oublient, parfois, de se remettre en question.
Vous contrôlez votre langage, vous n’employez plus d’insultes putophobes, vous féminisez vos textes.
Vous reprenez vos copains quand ils se trouvent être oppressifs, vous laissez la parole aux groupes non-mixtes, vous ne vous opposez plus aux exclusions ou remise en question d’autres hommes aux comportements problématiques. Vous les approuvez même, parfois.
Vous lisez des brochures, parfois, et vous écoutez les critiques des filles quand elles vous trouvent virilistes.
Vous vous faites vos auto-critiques.

Mais il est trop facile de vous laisser reprendre de vieilles habitudes, de si petites choses qu’elles paraissent n’être rien. De si petites choses qu’en notre for intérieur, au moment de les contester, comme depuis notre naissance, nous nous demandons « est-ce que c’est moi qui en fait trop ? », « est-ce que c’est une question d’ego ? ». Nous sommes conditionnées à nous replacer selon notre « position de femme » et nous avons alors du mal à nous imposer face à vous, à nous trouver légitimes et à vous envoyer chier en vous faisant remarquer votre attitude malvenue ponctuée d’un trop plein de testostérone.

Quand, dans le cadre d’actions, d’ouverture de squatt, de préparation de manifs, vous formez des groupes masculins dans lesquels il semble impossible d’entrer ; que, physiquement, vous formez un cercle impénétrable de discussion. Quand nous avons l’impression que les plans secrets des actions ne sont dicibles qu’aux oreilles d’un autre mec, et que nous n’y aurons jamais accès. Quand nous nous proposons pour des actions qui nous tiennent à cœur et que nous sommes évincées sans savoir pourquoi ; que parfois, nous demandons pourquoi et que vous ne nous aviez même pas entendues, regardées, considérées et que pourtant nous nous souvenons clairement l’avoir dit plusieurs fois. Quand nous annonçons des nouvelles importantes en réunion, et que personne ne nous écoute ; quand vous répétez immédiatement ce que nous vous avons appris et que vous êtes, vous, écoutés. Quand vous balayez nos interventions par une autre sur un autre sujet, et que c’est comme si la nôtre n’avait jamais existé. Quand vous nous demandez cinq fois confirmation, ce qui nous fait systématiquement nous demander si vraiment, vous nous accordez votre confiance. Quand, enfin, pour trouver notre place parmi vous, nous reproduisons des schémas autoritaires qui auraient été qualifiés de virilistes s’ils avaient été appliqués par des hommes.

Bien sûr, qu’il y a une question d’ego. Mais votre ego, à vous, prend toute la place, tout le temps, depuis toujours dans nos vies. Nous avons le droit à un peu d’ego ; nous avons le droit à votre considération. Vous ne faites que savoir, vous ne faites que comprendre : vous ne ressentez pas. Vous ne ressentez pas la rage qui monte du fond de nos tripes quand on nous exclut pour le simple fait d’être une femme. Et nous ne réagissons pas, nous ne réagissons plus. Nous réagissons tous les jours depuis que nous avons décidé de combattre le sexisme mais avec vous nous ne réagissons plus, parce qu’il est difficile d’aller voir les gens qu’on aime pour leur dire « tu m’emmerdes ». Vous n’êtes pas des inconnus, nous vous considérons comme des alliés. Vous êtes nos amis, vous êtes nos proches. Et nous savons intérioriser, éponger, accumuler et passer au-dessus mais il faut le dire : CA SUFFIT. Vous, les « Action Men », devez continuer à vous remettre en question à défaut de ressentir ce que nous ressentons et de vivre ce que nous vivons. Non, nous n’exagérons pas. Oui, il s’agit de virilisme et de sexisme. Non, il ne « suffit pas d’ouvrir sa gueule ». Non, ça n’est pas de notre faute si nous n’arrivons pas à vous le dire. Oui, nous vous l’avons déjà dit. Oui, nous vous le dirons encore. Non, vous n’êtes pas déconstruits.

Nous sommes nous-mêmes en pleine déconstruction, parce qu’il est plus que difficile de se défaire de tout ce que la société nous enseigne et ancre en nous, mais nous avons besoin de pouvoir être entendues. Nous avons besoin de ne pas avoir besoin de votre approbation pour nous sentir légitimes. Nous avons besoin que vous ne vous arrêtiez pas à la première étape et que vous continuiez de vous poser des questions autant sur le plan personnel que sur le plan militant.

Prenez les devants, remettez vous en question. Demandez à vos copines, à vos amantes, aux filles autour de vous, à celles qui vous écoutent, à celles qui vous rentrent dedans, à celles qui ne parlent pas trop, à vos amies, à celles que vous adorez, à celles que vous connaissez peu mais que vous aimeriez connaître ; demandez-leur à toutes, quand vous avez un doute, même infime, ou parfois quand vous n’avez pas de doute. Demandez-leur « j’ai été oppressif ? », « tu trouves que je suis parfois viriliste ? », « est-ce que tu t’es déjà sentie exclue à cause d’un de mes comportements ? ». Posez-vous ces questions, posez-leur ces questions. Continuez de lire des brochures. Continuez d’avoir des discussions. N’attendez pas que ces conversations viennent à vous, provoquez-les. Devenez vraiment nos alliés.

jeudi 7 juin 2018

Marina Abramovic




Exercice de clarification : pourquoi la CNV ?



Ma principale attirance pour la CNV c'est :
Mieux sentir tous les goûts de la vie et être plus libre de choisir vraiment ce que j'aime vivre avec moi et avec toi.
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Pitch :
La CNV c'est une façon concrète d'être présent à moi ET à l'autre, de ralentir le rythme, de sentir de la tendresse en moi et autour de moi.
-
Elle m'aide à accueillir tout ce qui existe, à être responsable du dedans et de ce qui sort, à être conscient et curieux de nos différences, à être attentif à ce qui nous fait personnes humaines proches, à être plus clair avec ce que je veux vraiment.
-
Elle m'amène à vivre plus de douceur, de compréhension, de connexion, de joie de vivre avec moi-même et les autres.
-
J'ai vu qu'elle pouvait aider les gens à vivre la même joie d'être avec moi ou avec d'autres, d'avancer ensemble, dans tous les moments de leur vie.



mardi 5 juin 2018

Fiertés



Avec justesse, Philippe Faucon ("Fatima") retrace le combat pour les droits des minorités sexuelles en France à travers trois générations et trois destins d'hommes. Un récit émouvant, porté par un casting de haute volée (Samuel Theis, Stanislas Nordey, Frédéric Pierrot). Premier épisode : au printemps 1981, Victor, 17 ans, noue une relation amoureuse secrète avec Selim...

Source : https://www.arte.tv/fr/videos/075162-001-A/fiertes-1-3/

Deuxième épisode : 1999. Victor, désormais architecte, vit harmonieusement avec Serge, séropositif depuis de longues années...
https://www.arte.tv/fr/videos/075162-002-A/fiertes-2-3/
 

Dernier épisode : 2013. Diego, le fils adoptif de Victor et Serge, est en butte à la haine de l'un de ses camarades de lycée, qui s’en prend régulièrement à sa famille homoparentale.

https://www.arte.tv/fr/videos/075162-003-A/fiertes-3-3/

Où sont les hommes ?

Après les femmes, place aux hommes dans les études de genre… mais quelle place et comment ?


« Où sont les hommes ? », c’est ce qu’on peut se demander à la lecture d’un article, vraiment intéressant, de Marion Rousset, paru dans Le Monde des idées ce weekend, et qui se penche sur un nouvel objet de recherche : l’homme. L’homme et non pas l’Homme (avec un grand H), avec sa condition humaine et sa nature humaine, non l’homme c’est-à-dire les hommes et non plus les femmes, sur lesquelles les études de genre se sont concentrées jusqu’ici…
Se pencher sur les hommes, comme s’il s’agissait d’une grande avancée, peut déconcerter… mais comme on s’en rend compte, ce qui constitue l’objet de cet article, ce sont les raisons de l’absence des hommes, non pas en général (!) mais en particulier, c’est-à-dire dans les études de genre jusqu’alors focalisées sur des enjeux féminins et féministes.
Pourquoi a-t-on identifié l’Homme en général et les hommes, et s’est-on ainsi passé de les étudier dans leur genre, dans leur masculinité, biologie, histoire et mythologie ? C’est la question soulevée ici et par plusieurs chercheurs : Olivia Gazalé, avec son Mythe de la virilité (Robert Laffont, 2017) ; Mélanie Gourarier, auteure d’Alpha mâle. Séduire les femmes pour s’apprécier entre hommes (Seuil, 2017) ; Nadine Le Faucheur et La fabrication des mâles (paru en 1975, Seuil) ; ou encore, Thierry Hoquet, Eric Fassin, Josselin Tricou et Sylvie Ayral à qui l’on doit La fabrique des garçons (PUF, 2011)…, toutes et tous déclinent les raisons de cet oubli des hommes (universalité illusoire de l’Homme, appréhension à l’égard des études anglo-saxonnes déjà sur le coup, peur de remettre en question les hommes). Oubli paradoxal, il faut le dire, car il faut ajouter à ces raisons un certain mâle resté dominant…
Avec son livre La domination masculine, Pierre Bourdieu aurait longtemps empêché de telles études sur les hommes, le masculin et la virilité… C’est un des autres arguments invoqués ici pour expliquer cette identification de l’Homme en général aux hommes en particulier. Mais à côté de cette identification, il faudrait en pointer aussi une autre : pourquoi a-t-on également identifié études de genre et études sur les femmes ?
Il ressort en effet un autre paradoxe : le prolongement, au sein même de la recherche universitaire, censée être neutre, rationnelle, aveugle, d’une triple inégalité des sexes : inégalité politique, des rapports entre collègues, professeurs et élèves ; inégalité, comme c’est évoqué dans cet article, de la place accordée au féminin et au masculin comme objets dans le savoir ; mais aussi, inégalité du rôle que l’on fait jouer à chaque sexe dans le savoir et son modelage.  
Comment le savoir, ses acteurs et ses lieux, pourraient-ils redistribuer les cartes de ces sexes, et pas seulement les répartir et les rejouer de la même manière, avec d’un côté des hommes dominants qui ne s’interrogeraient pas et des femmes dominées à qui il reviendrait seules d’en sortir ?
En mars 2017, le JT de France 2 avait diffusé ce reportage qui avait fait beaucoup parler, et pas en bien… des hommes mal dans leurs peaux, à qui on empêche d’affirmer leur virilité… on peut comprendre pourquoi il y avait eu polémique. Mais la question était là : qu’est-ce qu’être un homme ? Et le problème aussi : comment poser la question sans reproduire les inégalités déjà présentes ? Peut-on la poser sans polémique ? Le faut-il ?
De la même manière que dans le droit, la loi ne fait pas que prendre acte des mœurs, mais peut les influencer, on peut aussi voir comment le savoir n’a pas seulement à prendre acte des inégalités, mais à les transformer. Reste alors cette question : comment renoncer définitivement à la neutralité du savoir pour enfin questionner ses partis pris et même prendre parti à travers lui ? Le faut-il vraiment ou faut-il tenter de dégager une neutralité du savoir ?


Masculins, est-ce ainsi que les hommes se vivent

C'est quoi, être un homme ? Ici, nous nous interrogeons sur ce qu’est un garçon, "l’Autre", dont on perçoit la différence biologique et l’étrange ressemblance.










Marshall Rosenberg - La maladie psychique



L'authenticité



jeudi 31 mai 2018

Mon amour est un dévouement à la réalité

 ;-)

Mon amour est un dévouement à la réalité
quoi qu’il en coûte

- Manifeste amoureux -

Je souhaite vivre des relations saines, avec moi-même et avec les
autres, et j’ai l’impression que la seule manière de le faire repose sur
une dédication à l’authenticité. Alors voici, en toute fidélité à moi même,
un état des lieux des plus sincères sur ma manière actuelle,
non définitive et non exhaustive de concevoir l’engagement et
l’amour dans la relation amoureuse. Cette réflexion basée sur une
expérience personnelle, subjective et contextuelle de l’amour, n’a
d’autre dessein que de se poser en élément contributif aux recherches
du laboratoire géant qu’est la vie.


La notion d’engagement dans une relation se rapporte pour moi
à laisser s’exprimer et se vivre l’élan qui souhaite la connexion à
l’autre, qui souhaite l’intimité et le partage à partir d’une réelle envie.
Une envie parce que c’est en-vie en moi, c’est vivant. S’engager
revient donc pour moi à clarifier mes intentions de vivre un lien
particulier et intime avec quelqu’un, et à donner, offrir, du temps et de
l’énergie sans que cela me coûte.
C’est une forme d’engagement diamétralement opposée à l’idée
d’un investissement ou d’un compromis, car c’est sans attente (de
« retour sur investissement »), sans exigence, sans stratégie
marchande, sans troc ou échange de valeur du type « je te donne ceci,
alors tu me donnes cela ». C’est gratuit, dans le sens où cela ne me
coûte rien, bien au contraire cela m’offre à moi même, me nourrit et
me grandit.

C’est un engagement où je ne m’engage à rien d’autre qu’à dire
la vérité de ce que je ressens, de ce que je vis, d’où j’en suis et de ce
que j’ai besoin, avec la plus grande honnêteté possible, quoi qu’il en
coûte, instant après instants. C’est un engagement où la petite
hypocrisie et le mensonge par omission n’ont pas leur place, où le
silence et les lâchetés qui permettraient de « protéger » l’autre ou la
relation sont proscrites. On ne « protège » pas l’autre en lui cachant la
réalité : on le manipule, et quand on manipule, c’est qu’on cherche à
obtenir quelque chose de l’autre à son insu, comme du confort, ou de
la sécurité par exemple. Je ne souhaite manipuler personne ni être
manipulé par personne, consciemment ou inconsciemment, par
stratégie consciente ou inconsciente de garder l’autre à mon service,
au service du nourrissement de mes besoins. A un tel stade d’opacité
dans la relation, il ne s’agit plus d’amour, ni même de relation, mais
d’asservissement, de domination ou de soumission.

Il est évident que je ne suis pas un exemple de perfection en matière d’authenticité, mais
le chemin m’important plus que la destination, il s’agit pour moi de
faire de mon mieux, en fonction de mes moyens du moment, et
d’accepter régulièrement la réalité des mes propres limites.


L’amour c’est quand je veux pour toi, ce que tu veux pour toi,
même lorsque ce que tu veux pour toi, c’est ne pas être avec moi.
Quand je veux pour toi ce que je veux pour toi, alors je ne t’aime pas
vraiment : je m’aime à travers toi. Quand je veux pour toi ce que tu
veux pour toi, alors là oui, je t’aime vraiment. N.D. Walsch

Quand je m’engage, c’est parce que j’en ai envie, et pas parce
qu’on me le demande, souvent je suis engagée sans qu’on me l’ait
demandé ! Cela vaut également en amitié où je constate que je me sens
engagée dans des relations. Au final, ma notion de l’engagement
amoureux (ou autre) n’a rien avoir avec celle de promesse.

C’est un engagement constaté, comme je m’engage sur une voie,
un chemin, une route, parce que le mouvement de la vie m’y mène,
parce que j’en ai envie, c’est un engagement qui n’a rien à voir avec la
projection dans le temps. Bien sûr, j’ai des projections mentales, des
pensées qui me traversent en me proposant des scénarios rassurants,
sécurisants. Je les accueille, je sais qu’elles viennent m’indiquer
quelques peurs profondes liées à des blessures de rejet ou d’abandon
et pour lesquelles elles imaginent des stratégies d’attachement
sensées me protéger de la douleur qui pourrait advenir. D’autres fois,
mes pensées se composent de fantasmes d’avenirs idylliques, radieux,
d’aventures palpitantes avec une personne : je les accueille aussi ; je
sais qu’elles viennent m’indiquer combien il est important pour moi
que la vie ait du goût. Mais en aucun cas je ne crois ce qu’elles me
racontent, en aucun cas je ne décide d’appliquer ce que mes pensées
viendraient me dicter comme marche à suivre, ni je ne crois que les
choses devraient être comme elles me le montrent, et que les
personnes dans mes projections sont les « bonnes » personnes pour
vivre ces projets, ou pire, les « seules » .

Il s’agit de lâcher les récits romantiques du/de la partenaire
« magiquement prédestiné.e », il s’agit de lâcher les contes de fées
auxquels une part de moi – celle qui cherche la magie dans la vie – a
envie de croire. C’est ici ma plus grande difficulté, celle de ne pas
confondre « besoin » (amour) et « stratégie » (relation avec un.e
tel.le). De ne pas confondre mes envies d’aventures, de réconfort, de
tendresse, de joie, de passion, de magie etc. avec la relation ou la
personne avec qui je les vis. Cela reviendrait à voir mourir des aspects de moi si les personnes avec qui je les partage meurent ! Ce qui est absolument faux.


Lâcher une stratégie sans abandonner le besoin qu’elle
nourrissait est la clé qui mène à l’abondance, M. Rosenberg.


C’est comme faire un deuil, si je lâche une relation sans abandonner les
besoins qu’elle nourrissait, je m’assouplis et apprends à devenir
créative dans la manière de trouver de nouvelles stratégies pour
nourrir mes besoins, que ce soit via des relations ou non.
Être consciente de cela me permet d’entretenir des relations de
meilleure qualité. Cette « plasticité » est pour moi la subtilité la plus
difficile à gérer au quotidien mais aussi la plus belle et la plus riche,
car elle me permet une véritable et profonde liberté, vivante et
vibrante. Une réelle souveraineté dans la manière de prendre soin de
moi et de mon bonheur. Elle est d’ailleurs de loin ce que je souhaite le
plus profondément à chacun.

Pour moi l’Amour est une émotion, un sentiment, une onde pure
et inconditionnelle qui souhaite le meilleur à l’autre. L’amour est
absolu et universel, il se décline pour tous les humains. Tandis que la
Relation est la résultante d’une préférence pour un être, déclenchée
par l’attirance relative et individuelle envers un être. Cette résultante
mutuellement choisie donne lieu à une négociation, un contrat, un
cadre – qui existent toujours même s’ils demeurent parfois tacites – et
qui eux sont conditionnels, c’est-à-dire qu’ils définissent les
conditions selon lesquelles s’établit la relation.
Dans certains cas, que ce cadre reste implicite n’est pas un
problème, mais dans la relation amoureuse, il est pour moi important
qu’il soit rendu explicite, afin qu’il n’y ait pas de manipulation, de jeu
malsain et de trafics souterrains inconscients entre les partenaires, et
que les conditions soient claires.


J’ai besoin de pouvoir conscientiser et décider à deux de la
manière et des paramètres selon lesquels il va être possible et joyeux
pour chacun de vivre cet amour. D’après mon expérience et en ce qui
me concerne, la seule condition qui soit vraiment nécessaire à mon
bonheur dans une relation est celle de l’authenticité : soit de la
transparence et de l’honnêteté.

Les idées d’appartenance, d’exclusivité, de possession, de
fidélité, qui sont souvent induites tacitement au sein de la majorité des
couples que je côtoie, me paraissent risquées. Pour ma part,
lorsqu’elles sont acceptées comme des règles, elles peuvent devenir
dangereuses pour la relation car elles m’éloignent moi et mon.ma
partenaire de la réalité effective de ce que nous vivons. Ces idées
d’appartenance et de fidélité posent des interdits et des restrictions
qui mettent en danger le lien d’authenticité. Pire, chez moi, elles
risquent à long terme d’attiser de la rancoeur envers l’autre, car je suis tentée
de nier ou de réprimer mes émotions.

Si je ne me considère pas responsable des émotions et sentiments
qui me traversent (le fameux coeur à ses raisons que la raison ignore !
B. Pascal), je suis par contre responsable de ce que j’en fais et de la
réaction que j’ai par rapport à eux. Je crois personnellement que les
émotions et sentiments d’attraction et d’amour que j’éprouve sont la
conséquence de la satisfaction de certains besoins au contact d’une
personne ou d’une situation, et que je suis responsable de ce que je
décide de faire avec cette personne, et de mon engagement envers elle.
Or, même si je suis consciente des répercussions émotionnelles
(agréable ou désagréable) que cet engagement peut avoir sur les autres
relations de ma vie, je ne suis pas responsable de ces répercussions. Je
ne suis pas responsable d’en éviter l’apparition tout comme d’en gérer
l’apaisement. Je veux pouvoir contribuer à la sérénité de l’autre parce
que j’en ai l’envie et non pas parce que j’y suis tenue.

Dans ma vision de la relation amoureuse, il n’y a pas de lien de
subordination ou chacun doit rendre des comptes à l’autre. Cela ne
signifie pas que je cache, que je mente ou que je manipule, puisque
j’aime pratiquer la transparence. Il ne s’agit pas là d’amour libre, de
polyamour, de pluriamour, de libertinage ou autres concepts
intellectuels que j’ai tendance à rejeter à propos de l’amour. Car à mon
sens l’amour n’est pas un concept mais une évidence, et la relation est
son lieu d’expérience. Il s’agit plutôt de conserver une attitude
ouverte et tendre avec ce qui me traverse. Il s’agit d’éviter tout
conditionnement quel qu’il soit, que ce soit à vouloir être absolument
exclusif ou absolument libre, en restant attentif et présent à ce qui est
vivant en moi, à ce qui existe dans ma réalité.

Finalement, en étant entendue et admise comme une règle
d’exclusivité sentimentale ou charnelle, la fidélité à l’autre peut
devenir à mes yeux de l’infidélité à moi-même, car je brime mes
émotions et sentiments pour respecter le confort et la sécurité de
l’autre. Dès lors, je me plie à ses peurs. Et en cela, il ne s’agit de
nouveau plus d’amour, mais de marchandage. Cela ne signifie pas que
je ne souhaite pas prendre soin de l’autre lorsqu’il a peur. Au
contraire, je veux contribuer à son bonheur par du réconfort, de
l’amour, du partage, de la tendresse, mais je n’accepte pas d’être
envisagée comme la stratégie unique de l’autre envers qui ce dernier
serait en posture d’exigence. Il me semble que la posture d’exigence
apparaît quand il y a dépendance affective de l’un envers l’autre. Or,
encore une fois, la dépendance affective, pas plus que l’attachement,
ne sont de l’amour, ni même des preuves d’amour.

Bien évidemment, je vis souvent des situations qui me renvoient
à la figure ma propre dépendance affective : lorsque j’éprouve de la
jalousie, de la colère ou de la peur, qui sont encore une fois les
indicateurs de mes blessures de rejet et d’abandon, de solitude,
d’isolement, de séparation. Or, si j’en accueille l’intensité
émotionnelle, je me laisse le moins possible croire aux pensées et
projections que ces émotions suscitent en moi. L’autre n’est jamais
responsable de telles émotions qui me traversent, tout comme il n’est
pas responsable de guérir mes blessures ou de nourrir mes besoins.


Ainsi je veille à décliner tout contrat amoureux par lequel je sois
tenue implicitement ou explicitement pour responsable du bonheur de
l’autre. Je refuse d’être en charge du nourrissement des besoins de
quiconque. Tout comme je n’impose à personne la « mission » de me
rendre heureuse.

C’est comme une pièce à deux faces : si j’accepte de considérer
l’une comme vraie, cela fait qu’automatiquement j’accepte l’autre
dans le même temps. Si je me tenais pour responsable du bonheur de
l’autre, je me tiendrais pour responsable de son malheur également. Et
si je considérais que l’autre est responsable de ma joie lorsqu’il
contribue à nourrir mes besoins, je le considèrerais également
responsable de ma tristesse ou de ma peur lorsque mes besoins ne sont
pas satisfaits. Or, je ne suis pas d’accord pour valider ces
considérations liberticides et asservissantes !
Refuser ce pouvoir sur l’autre qui me serait ainsi conféré est un
acte d’amour envers l’autre, tout comme réfuter la toute-puissance
de l’autre sur moi est un acte d’amour envers moi-même.


J’ai la sensation que l’amour est dans mon expérience comme
une manière de vivre l’unité, de retrouver ma nature unifiée avec le
tout qui passe par un état de fusion, qu’elle soit physique,
émotionnelle, ou énergétique.
Ainsi, les conditions relationnelles d’appartenance ou
d’exclusivité me semblent non seulement dangereuses sur un plan
relatif mais carrément inutiles sur un plan absolu. Car de façon
systématique dans ma vie, la fusion avec un autre être produit un
sentiment d’appartenance dans le sens ou j’appartiens à son amour –
soit à l’Amour que la vie se porte à elle-même à travers les multiples
visages d’elle-même.

La relation d’amour a pour moi cela de sacré en ce qu’elle invite
un espace de création ou l’amour se crée et se goûte à travers des
versions provisoirement séparées de lui-même. Comme si l’amour que
nous sommes originellement était venu faire l’expérience de lui-même
à travers différentes incarnations qui se retrouvent, se
rencontrent et se reconnaissent entre elles.

La relation devient alors un espace où il s’agirait de goûter dans
le regard de l’autre l’unité que nous formons à deux, ou il s’agirait de
goûter la préférence que la manifestation de cette unité dans une part
distincte a envers une autre part d’elle-même qui s’exprime et se vit
sous une autre forme.

2017

Dans la lîla des mondes infinis, je tisse des liens entre les fils de
moi-même pour la seule joie de me reconnaître dans le regard de ceux
qui s’aiment. Y. Amar


mardi 15 mai 2018

Hypermasculinité et hyperféminité : les masques dans lesquels nous vivons


Les hommes et les femmes sont bien plus humains, bien plus semblables qu'ils ne sont différents. 
Il y a une différence génétique, une différence physiologique.
Le reste est une construction sociale qui écrase les différences inter-individuelles dans 2 catégories.





lundi 14 mai 2018

Je suis responsable de la qualité de mon expérience (de vie)





Un moyen de développer la capacité de prendre la responsabilité de la qualité de notre expérience.
"Je suis responsable de la qualité de mon expérience (de vie)."
En intégrant les impacts de l'enfance qui influencent la qualité de cette expérience.
  1. La régularité
  2. L'empathie
  3. La responsabilité




Etre avec les choses telles qu'elles sont


"La façon dont je perçois l'Amour, sa vibration à travers moi, est déterminée par la condition de notre corps émotionnel. 
Si mon corps émotionnel est dans un état de distorsion, au point que quand cette vibration passe à travers mon corps émotionnel, elle en ressort sous la forme d'histoires et de situations pleines de colère, cette colère est toujours de l'Amour. L'Amour est juste déformé en une définition."

"La seule façon de réaliser ce qu'est l'Amour, c'est d'intégrer tous ces blocages présents dans notre corps émotionnel et qui nous font mettre des conditions sur cette vibration. Les intégrer jusqu'à ce que nous puissions être avec les choses. C'est seulement lorsque nous pouvons être avec les choses telles qu'elles sont, que l'Amour se révèle à nous, tel qu'il est."

"L'Amour vient à nous de multiples façons, et nous atteint à travers toutes nos expériences, et nous demande "Peux-tu me libérer ? Peux-tu ne pas poser de conditions sur moi ? Ne pas poser de conditions sur cette expérience ?". Et nous, à cause de notre matrice émotionnelle, à cause de notre empreinte émotionnelle, nous prenons cet Amour qui nous arrive et nous le mettons dans une boîte, une boîte qui est constituée de nos peurs, nos colères et nos chagrins."





Réponse ou réaction ?



"A chaque fois que je suis contrarié ou que je jette le blâme sur quelqu'un ou que je me raconte une histoire ou que j'essaie de manipuler quelqu'un pour me sentir mieux sur ce qui est en train de se dérouler, alors je me soulage de mon état émotionnel, je ne le traite pas, je l'évacue.
et je vais générer tant de déchets émotionnels autour de moi qu'il faudra qu'ils soient traités à un moment donné.
C'est seulement quand je vais au point causal, et que je me permets d'être avec ces états, sans condition, que je les amène à être résolus.
Et c'est extrêmement inconfortable.
Parce que cela demande que je contienne mes émotions, pas que je les anesthésie ou que je les supprime, mais que je contienne cette expérience émotionnelle, sans jugement, sans me raconter d'histoire à ce sujet, sans entrer dans des schémas de comportement."

"Et ce n'est pas facile. Cela demande une pratique quotidienne, cela suppose de vivre de cette façon."

"A l'heure actuelle, collectivement et individuellement, nous sommes en train de traiter de multiples générations d'empreintes non intégrées, les mémoires du passé ressurgissent pour être traitées."

"Si je suis vivant, je participe à cela. Si je ne suis pas dans ce processus, je fais juste semblant d'être vivant, je ne vis pas vraiment."

"Et tout le monde doit faire face à tout cela, en y répondant ou en y réagissant. Répondre ou réagir, c'est la question : réponse ou réaction ?"



dimanche 13 mai 2018

Insulte


Un jour dans la foule venue l’écouter, se trouvait un homme qui était exaspéré par la sainteté de Bouddha. Il l’insulte, puis s’en va, fulminant de colère.

Longeant les rizières du village, sa colère s’apaise, et petit à petit, un profond sentiment de honte l’envahit. Comment a-t-il pu se comporter de cette façon ? Il décide de revenir au village et de lui demander pardon.


Arrivant devant ce dernier, il se prosterne et demande pardon pour la violence de ses propos. Bouddha, débordant de compassion, le relève, lui expliquant qu’il n’a rien à pardonner. Étonné, l’homme rappelle les injures proférées.


– « Que faites-vous si quelqu’un vous tend un objet dont vous n’avez pas usage, ou que vous ne voulez pas ? » demande Bouddha.
– « Et bien, je ne le prends simplement pas » remarqua l’homme.
– « Que fait alors le donateur ? » demanda le sage.
– « Ma foi, il garde son objet » répondit l’homme.


« C’est sans doute pourquoi vous semblez souffrir des injures et des grossièretés que vous avez proférées. Quant à moi, rassurez-vous, je n’ai pas été accablé. Cette violence que vous donniez, il n’y avait personne pour la prendre » répondit le sage.


love / evolve


Re-boum.

En anglais : love / evolve
= s'aimer = se permettre toutes les opportunités d'évoluer

  • "quand j'utilise ces moments de solitude pour apprendre comment me donner à moi-même, émotionnellement, ce que j'ai recherché chez les autres", à traverser mes émotions avec moi-même et par moi-même, "j'apprends à m'aimer moi-même de cette façon et à être avec moi-même sans condition"
  • amour inconditionnel = "être sans condition" = s'aimer soi-même sans condition = "être avec soi-même sans condition, juste parce que je suis là, pas parce que je vais accomplir quelque chose ou parce que je suis gentil"
  • "obtenir de l'amour" est différent de "recevoir de l'amour"
  • s'aimer = se permettre toutes les opportunités d'évoluer
  • "quand je vois que mes expériences de vie sont des opportunités valables pour mon évolution, alors je vais me comporter de la même manière avec les autres autour de moi. Je vais les laisser évoluer dans ce qui leur est nécessaire. Je ne sais pas ce qui leur est nécessaire, puisque je ne le sais même pas pour moi, je suis donc moins susceptible d'interférer avec eux" 
  • "certains essaient de m'aimer à travers leur interférence, mais c'est seulement parce qu'ils sont en état de peur à l'intérieur d'eux-mêmes."
  • incompréhension typique à propos de l'amour : "que l'on peut l'obtenir"
  • "l'amour c'est en fait très simple : l'amour ne peut être expérimenté qu'en donnant. Ce qu'est l'amour ne peut être compris qu'en donnant et recevant, et non en obtenant ou en prenant."
  • "la quantité d'amour que je vais être capable de me donner, est la quantité d'amour que je serai capable de recevoir. C'est une seule et même chose."
  • "l'idée que nous pouvons obtenir / prendre l'amour est une erreur de perception"
  • dans un miroir, à soi-même : "je t'aime juste parce que tu es là"
  • "personne d'autre n'est censé le faire, c'est mon job"
  • "et quand je suis capable d'être avec moi-même parce que je suis là, alors je découvre qu'il y a dans mon monde d'autres personnes qui veulent être avec moi juste parce que je suis là,
    et non pour encore obtenir quelque chose."


Conscience de destination et conscience de mortalité

Boum.


Mots-clés au vol (mais il faut écouter tout pour comprendre...)
  • "un des outils les plus puissants de libération"
  •  "l'expérience sexuelle nous amène au coeur de la matière, au coeur de l'une des fréquences d'expérience les plus élevées"
  • "nous commençons en tant qu'orgasme" (conception)
  • "la cause de nos souffrances est la manipulation"
  • "la manipulation vient de la croyance que nous pouvons trouver ce que nous cherchons par le biais du monde physique", en manipulant le monde physique, que nous pourrons arriver à destination, qu'il y a une destination
  • "lorsque je vais chercher à avoir de l'amour de quelqu'un, c'est le bagage émotionnel primaire qui va émerger, ma réelle définition de l'amour va émerger, celle qui s'est imprimée en moi enfant, et mon comportement de manipulation pour obtenir cela va se manifester"
  • comportement de manipulation (recherche d'amour, recherche d'orgasme) = domination masculine = domination du monde physique pour obtenir
  • "orgasme" <=> "destination" <=> "manipulation"
  • "conscience de destination" = "conscience de mortalité" 
  • "Cette conscience là émerge parce qu'il y a une fin à ce que je fais, je ne suis pas dans un voyage, je ne vois que la destination, 
  • "dans mon cadre de perception, il y a un début et il y a une fin" 
  • Pour en sortir, pour se déconditionner (par la sexualité) : enlever le début et la fin !
    (en général pour les hommes, mais pas que...) > je n'initie pas, je ne cherche pas d'orgasme.
  • Survient alors la question : "pourquoi je fais cela ?" (avoir des relations intimes)
  • "Le corps émotionnel est le point causal de la qualité de notre expérience humaine" = vivre nos émotions est le sens de la vie. Le corps physique (la matière) est le support qui permet cela.
  • "Le corps physique est là pour créer les conditions de sécurité et d'épanouissement du corps émotionnel"
  • Aujourd'hui, le corps émotionnel est soumis au corps physique, cantonné par le corps physique, pour en tirer ce qu'il veut (plus d'orgasmes, plus de matière).
    De même que les femmes le sont.
    La condition faite aux émotions est parallèle à la condition faite aux femmes.
  • "il n'y a pas de femme qui soit en sécurité sur cette planète"
  • si j'enlève l'orgasme (comme destination) de mon expérience sexuelle d'homme : "orgasme" <=> "destination" <=> "manipulation"
  • Ce qui se passe dans la sexualité est valable "dans tous les aspects de ma vie" = conscience de destination = chercher à obtenir un résultat.
    "au lieu de recevoir ce qui nous est vraiment donné"
  • "l'un des rôles de la sexualité est de nous permettre de voir où nous manipulons les choses"
  • "conscience de destination" = "conscience de mortalité"
  • Laisser résonner pour sortir de la conscience de destination/mortalité :
    "Nous n'avons pas le souvenir de ne pas être vivant"
    "Seules les autres personnes meurent"
  • L'expérience physique et intime comme chemin de guérison, comme chemin spirituel, comme voyage avec l'autre.


La lucidité





Tyrannie du bien-être, du développement personnel, de l'éveil, gestion des émotions, pensée positive (qui n'a rien à voir avec la psychologie positive grrrr!)...
STOP !
La lucidité comme outil d'autodéfense existentielle !
Et de tendresse envers soi, donc envers les autres.

La lucidité = se tenir proche de notre nutrition émotionnelle, être avec, traverser la vague, observer, accueillir, ressentir... tout ce qui est, là, TOUTES les sensations (corporelles, émotionnelles, pensées).
SANS croire qu'une seule dit toute la vérité. 
Voir que c'est un flux continu.
Et que quelque chose en nous PEUT observer tout cela. Donc ce quelque chose n'est pas DANS ces sensations. 
Ce quelque chose CONTIENT ces sensations.
 

PAS de fausse promesse : ce n'est pas toujours confortable.




mercredi 9 mai 2018

La solitude initiatique

http://boutique.nexus.fr/



Un peu de temps avec soi-même et/ou avec sa riche vie intérieure...
chaque jour, chaque semaine, chaque mois, chaque année...
espace de ressenti, d'écoute, d'intuition, de subjectivation, d'autonomie, de déconditionnement,

hygiène émotionnelle et relationnelle...

"Entre le stimulus et la réponse, il y a un espace. Dans cet espace se trouve notre pouvoir de choisir notre réponse. De cette réponse dépend notre joie et notre liberté." Victor Frankl 

 
"L'écoute crée un espace dans lequel quelque chose de nouveau peut arriver." Eugène Gendlin


Donc ce n'est pas la même chose que la solitude ou l'isolement.
Les mots ne sont pas anodins, quand ils nous définissent en creux ("seul-e, célibataire") ils sont porteurs d'une norme qui peut être interrogée...

Balises encore

Des que j'avais oublié de mettre ici ou qui ont un peu changé


















lundi 7 mai 2018

De la texture de la parole et du vent


Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent
Qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents
Ne vous laissez pas attacher
Ne permettez pas qu’on fasse sur vous
Des rêves impossibles
On est en amour avec vous
Tant que vous correspondez au rêve que l’on a fait sur vous
Alors le fleuve Amour coule tranquille

Les jours sont heureux sous les marronniers mauves
Mais s’il vous arrive de ne plus être
Ce personnage qui marchait dans le rêve
Alors soufflent les vents contraires
Le bateau tangue, la voile se déchire
On met les canots à la mer
Les mots d’amour deviennent des mots couteaux
Qu’on vous enfonce dans le cœur
La personne qui hier vous chérissait
Aujourd’hui vous hait.
La personne qui avait une si belle oreille
Pour vous écouter pleurer et rire
Ne peut plus supporter le son de votre voix

Plus rien n’est négociable
On a jeté votre valise par la fenêtre
Il pleut et vous remontez la rue
Dans votre pardessus noir
Est-ce aimer que de vouloir que l’autre
Quitte sa propre route et son propre voyage ?
Est-ce aimer que d’enfermer l’autre
Dans la prison de son propre rêve ?

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent
Qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents
Ne vous laissez pas rêver par quelqu’un d’autre que vous-même
Chacun a son chemin qu’il est seul parfois à comprendre
Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent
Si nous pouvions être d’abord toutes et tous
Et avant tout et premièrement
Des amants de la Vie
Alors nous ne serions plus ces éternels questionneurs, ces éternels mendiants
Qui perdent tant d’énergie et tant de temps
À attendre des autres, des signes, des baisers, de la reconnaissance

Si nous étions avant tout et premièrement des amants de la Vie
Tout nous serait cadeau, nous ne serions jamais déçus
On ne peut se permettre de rêver que sur soi-même
Moi seul connais le chemin qui conduit au bout de mon chemin
Chacun est dans sa vie et dans sa peau
À chacun sa texture, son tissage et ses mots.
Julos Beaucarne, Femmes et hommes


jeudi 3 mai 2018

Dis, est-ce que ça repousse les ailes ?


http://www.dismelodie.be/blog/

«Si la nuit les étoiles relaient le soleil,
c’est pour ne pas laisser s’éteindre l’espérance.»
                                         dit-il avec une infinie tendresse…

Une petite fille découvre le mystère d’un oiseau qui parle de cages, d’envol, d’orages, d’altitude, de fleurs inattendues…

On est touché par la beauté du texte et des illustrations, une petite merveille de poésie et de psychologie,

un beau voyage intérieur qui revitalise, tout en douceur, les ailes et les coeurs…







mercredi 2 mai 2018

René Char



Je n'entrerai pas dans votre coeur
pour limiter sa mémoire.
Je ne retiendrai pas votre bouche
pour l'empêcher de s'ouvrir sur le bleu de l'air et la soif de partir.

Je veux être pour vous la liberté
et le vent de la vie qui passe le seuil
de toujours avant que la nuit ne devienne introuvable.

René Char

Hébété




Putain c’est la merde !
Je ne dors pas !
Je ne comprends pas !
Ce n’est pas la lune qui est pleine, c’est ma tête.
Pourquoi c’est la peur qui gagne ?
Le ailleurs, le passé, le futur ?
Tu sais toi ?

Une seule vie,
Et toute cette énergie pour ne pas oser la vivre
Ou des miettes… Accrochés, agrippés, chapardeurs,
Des pensées de pensées de pensées de pensées
Les histoires des histoires

Et surtout ne pas trop demander la réponse à son corps,
Des fois qu’il suggère des folies douces
Ou des intuitions simples : ici et maintenant.
Non ! Circulez !

Plutôt spéculer, ressasser, supputer, hypothéser, projeter et attendre.
Attendre
L’Idéal, the TRUC,
Celui qui va tout réparer, tout combler, tout sécuriser.
Cette mythologie serait la raison ?
Pfff mes couilles !
Ni sensée, ni sensible,
Cervelet écervelé,
Sans tripes pas d’esprit,
Et l’amour mis à mort !
Et l’amour mi amor ?

Automatique écriture,
Cliquetis de mes réponses sans question,
Mots démons
Qui démontent et démontrent,
Larmes sans âme pour déposer les armes,
Et enfin m’endormir.

Hébété.