lundi 17 décembre 2018

"Vous n'êtes pas assez matures"



Urgence climatique : seuls ceux qui ont des ressources psychologiques fortes peuvent vivre avec au quotidien

Urgence climatique : seuls ceux qui ont des ressources psychologiques fortes peuvent vivre avec au quotidien


C'est l'avis du philosophe australien Clive Hamilton. Il était présent à la COP21 à Paris, il a suivi la COP24. Pour lui, cela fait peur de penser à un monde à +4°C, alors on se protège en utilisant des mécanismes de défense. Il est assez pessimiste pour l'avenir.

Face à la terrible vérité scientifique du changement climatique, les humains mettent en place divers "mécanismes de défense psychologiques", explique le philosophe australien Clive Hamilton. Peu nombreux sont ceux capables de "vivre avec, au quotidien", poursuit l'auteur du best-seller "Requiem pour l'espèce humaine". Paru en 2010, cet ouvrage décrit l'installation d'un enfer sur Terre, avec moins d'un milliard d'êtres humains sur Terre. Une prévision pour le XXIIe siècle.

Hamilton était présent dans les coulisses de la COP21, et à l'époque, alors qu'on annonçait la signature de l'Accord de Paris, il était optimiste.  Mais il estime aujourd'hui qu'il est tombé dans un piège : "La COP de Paris était unique (...), on avait l'impression d'être enfin à un tournant. L'ambiance était grisante, et je suis tombé dans le piège. Quelques obstinés comme (le scientifique) Kevin Anderson, disaient 'il est trop tard, ça ne marchera pas', mais j'ai choisi d'écouter des gens engagés convaincus que c'était un tournant. Une lueur d'espoir après des années d'accablement semblait libérateur. J'aurais dû me méfier. Qu'est-ce qui s'est passé ? En un mot, Trump. N'oubliez-pas qu'il a été élu en tant que climato-sceptique".

Selon Clive Hamilton, l'accusation contre le catastrophisme est "une invention astucieuse d'une entreprise de relations publiques travaillant pour les énergies fossiles. En fait, les scientifiques et les défenseurs de l'environnement ont hésité à dire la vérité au public sur l'ampleur et l'irréversibilité du réchauffement.  Il y a plusieurs raisons pour minimiser les dangers. Certains scientifiques se sont laissés intimider, subissant les attaques constantes des négationnistes de la science climatique et des politiques conservateurs. Ce sont des êtres humains, mais en tant qu'experts ils ont une responsabilité d'informer la population sur la science, surtout quand les pires scénarios deviennent réalité.  Les défenseurs de l'environnement ont d'autres raison. Ils sont convaincus que raconter des histoires de fin du monde est contre productif, qu'ils doivent donner de l'espoir aux gens parce que la morosité les immobiliserait ou bien  ils voudraient faire la fête en attendant de mourir".
"Un vœu pieu est propagé par certains, convaincus (...) que les humains vont créer un monde magnifique de prospérité pour tous dans un jardin des délices"

Arrivé à un point où le réchauffement climatique est irréversible et ne peut être qu'éventuellement limiter dans son augmentation, les pays et les peuples réagissent différemment. Clive Hamilton fait la différence entre les États-Unis, "_où l'optimisme est enraciné dans la culture", et l'Europe et sa longue histoire de violences, où, selon lui, "les Européens sont mieux préparés psychologiquement pour ce qui va arriver"_

_"Quand quelqu'un me dit 'nous devons donner de l'espoir aux gens', je lui réponds: 'Espoir de quoi ?' Nous avons dépassé le cap d'un réchauffement climatique réversible. La question est maintenant : que devons-nous faire pour le contenir sous les +2°C et non +4°C?  Un vœu pieu est propagé par certains, convaincus (...) que les humains vont créer un monde magnifique de prospérité pour tous dans un jardin des délice_s.          

Devant la prise de conscience généralisée et la mobilisation croissante des citoyens, des jeunes, face à l'urgence climatique, il y a une demande de réponse politique. Toutefois, chacun, au quotidien a une manière différente de réagir.

" Il y a ceux qui nient la vérité, ceux qui se disent que ça ne peut pas être si terrible, ceux qui croient qu'une solution sera trouvée pour faire disparaître le problème, et ceux qui connaissent la vérité mais qui ne la laisse sortir que par moment. Seuls quelques uns, avec des ressources psychologiques fortes, sont capables de vivre avec en permanence. Certains militants sont comme ça. Cela fait peur de penser à un monde à +4°C, les extinctions, les mauvaises récoltes, les migrations de masse, les tempêtes et les incendies. Alors on se protège en utilisant des mécanismes de défense psychologiques. On l'ignore, on ne lit pas certains reportages, on se dit que les humains ont résolu d'autres problèmes difficiles, ou on espère que Dieu nous sauvera", explique Clive Hamilton.


encore Pablo !

Le collapsologue Pablo Servigne : “Croire en des catastrophes irréversibles n’empêche pas d’agir”
TELERAMA
17/12/18


Pourquoi faut-il croire à l’effondrement ?
Nous sommes partis de ce constat : malgré l’accumulation de savoirs scientifiques sur les catastrophes en cours, nous ne croyons toujours pas ce que nous savons. Et donc, nous n’agissons pas. Comment faire ? L’« effondrement » nous a paru efficace pour mettre en récit ces faits sidérants. Ce mot extrêmement large, puissant, permet aussi bien de parler des études scientifiques, de la raison, que de toucher l’imaginaire et d’ouvrir une nouvelle vision du monde. Certains y voient une prédiction de type Nostradamus, une apocalypse brutale façon Hollywood. Ce n’est pas notre démarche. Nous adoptons plutôt le point de vue d’historiens des siècles à venir, qui en étudiant notre période, pourront parler de l’effondrement de la civilisation thermo-industrielle. Autrement dit un processus qui a déjà commencé, qui n’a pas encore atteint sa phase la plus critique et qui sera graduel - une sorte de déclin complexe.

Comment tout peut s’effondrer est un best-seller. C’est le signe que de plus en plus de gens y croient ?
Quand j’ai commencé à donner des conférences sur le sujet, il y a une dizaine d’années, une grande partie du public restait sidérée, certains pleuraient, d’autres étaient en colère… Aujourd’hui, les gens me disent « merci d’être franc, nous avons un horizon concret, alors on y va, on se bouge ». Et les médias ne craignent plus d’en parler. Quelque chose a changé. L’imaginaire populaire s’est fissuré : il y a eu le Brexit, l’élection de Donald Trump, les vagues de migrants, et puis, la canicule, la démission de Nicolas Hulot, le dernier rapport du Giec, l’étude sur la « Terre étuve » (publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS)… Chacun de ces événements a embarqué un peu plus de monde dans l’idée d’un avenir plus sombre. Voilà pourquoi l’effondrement, tel que nous l’avons décrit de manière systémique, étayé par la science, est intéressant : il propose un cadre scientifique de compréhension, un récit cohérent qui met ces événements en lien et donne un sens à notre époque. J’appelle ceux qui décident d’y croire les « collapsonautes », en référence aux argonautes de Jules Verne. Ce sont des voyageurs de l’effondrement. Ils déploient leur imagination, apprennent à vivre, du mieux possible, avec les mauvaises nouvelles et les changements brutaux, progressifs, qu’elles annoncent.

Que répondez-vous à ceux qui vous voient comme un oiseau de mauvais augure ?
Que croire que des catastrophes irréversibles sont déjà en cours n’empêche pas d’agir. Au contraire. Il faut comprendre qu’en acceptant cette réalité, il reste encore une marge de manœuvre, un élan de vie et la possibilité d’un passage à l’action. C’est la posture du « catastrophisme éclairé » du philosophe Jean-Pierre Dupuy : on doit considérer la catastrophe comme certaine, on doit y croire, pour avoir une chance de l’éviter.

Mais on peut aussi être tétanisé par la peur ?
C’est pourquoi l’art de donner et recevoir les mauvaises nouvelles est essentiel. Si on vous annonce brutalement que vous avez un cancer et qu’il vous reste six mois à vivre, sans rien de plus, vous serez détruit. La nouvelle de cet événement futur pourrira votre présent. Alors que si le médecin est bienveillant, vous permet d’exprimer vos sentiments, vous aurez une chance de bien vivre ces derniers mois. Un élan vital sera là, malgré la mort, et vous pourrez, peut-être, améliorer votre état. Bien vivre en attendant la mort, c’est «La» question philosophique depuis 2000 ans. Et au fond, l’effondrement n’est rien d’autre que la question de la mort projetée à une échelle collective. La démarche que nous proposons est de l’accepter. Bien sûr, c’est douloureux. Mais c’est aussi une opportunité incroyable.

Laquelle ?
Celle de commencer à construire quelque chose d’autre dès aujourd’hui, de donner du sens à ce que nous vivons. Les humains sont des animaux de croyances. Celles-ci forment notre manière d’être au monde, de voir le présent, le futur, d’aborder les autres, et ce qui nous met en mouvement. Elles peuvent être conscientes et inconscientes. Et elles sont souvent plus fortes que les faits - certaines nous imprègnent depuis si longtemps qu’elles ont fini par ressembler à des vérités indiscutables. Nos croyances, ce sont le progrès, la croissance infinie, la techno-science qui domine la nature. Celle aussi qui nous dit qu’il n’existe qu’une seule loi de la jungle - la compétition. Mais les croyances vivent et meurent. La question de l’effondrement est passionnante car elle traverse tout cela, et permet de traiter autant la raison que les émotions, les idéologies et les mythes. Elle ne condamne pas l’avenir. Au contraire, elle nous invite à déstabiliser les croyances toxiques. Et à créer un nouvel imaginaire, pour nous permettre de croire à un futur quand ce dernier a l’air de s’effondrer.

Vous même avez des enfants tout en croyant à l’effondrement...
Comme beaucoup de nos lecteurs, qui lisent les études scientifiques, croient au réchauffement climatique, et agissent... Pour ma part, devenir père a nourri mon parcours. Cela nous a poussés à quitter la ville, à offrir aux enfants la possibilité de goûter au sauvage avant qu’il n’y en ait plus. Je ne dis pas que c’est la panacée. J’ai aussi dû renoncer à des rêves que j’avais pour eux. Trouver la bonne posture est compliqué...
De façon plus générale, il faut se tenir sur une ligne de crête fragile, trouver le juste équilibre entre l’acceptation et le passage à l’action. Il faut éviter les écueils du « tout est foutu, à quoi bon... » mais aussi de l’optimisme béat, qui équivaut au déni. Et celui, encore plus toxique et passif, de l’espoir, qui nous fait croire que le système va inexplicablement changer, ou que la technologie, ou bien la déesse-mère vont nous sauver... Voilà pourquoi je dis que l’utopie a changé de camp. Aujourd’hui, les utopistes sont les optimistes béats, qui croient que tout peut continuer comme avant. Et les réalistes sont ceux qui agissent en vue des catastrophes qui ont déjà lieu, et de celles à venir.

Dans votre dernier livre, vous défendez l’« espoir actif ». De quoi s’agit-il ?
C’est l’idée, développée par les américains Joanna Macy et Chris Johnson, de faire maintenant, aujourd’hui, ce qui nous semble juste, ce qui nous importe, quelles que soient nos chances de réussite, même si on sait que le réchauffement dépassera les 1,5 degrés, que les migrations climatiques seront gigantesques, etc. C’est un de ces « déclics » sémantiques qui débloquent tout.

Ce « déclic » n’a toujours pas eu lieu chez nos responsables politiques !
Certains (encore trop rares) travaillent sur la question : ceux dont la fonction consiste à se pencher sur la longue durée, dans les services de défense, de prospective... Quelques responsables politiques comme Yves Cochet ou Delphine Batho, des hauts-fonctionnaires aussi, en parlent. L’armée suisse, par exemple, organise des exercices grandeur nature de simulations d’effondrement des pays voisins, avec blocage des frontières, etc. A plus petite échelle, en France, le réseau SOS Maires, par exemple, prend la question très au sérieux et essaie de rassembler les maires pour créer des réseaux de résilience au niveau municipal.
Mais plus on monte dans les échelons politiques, plus les verrous sont importants, à tous les niveaux - psychologique, juridique, financier, technique… Inscrire des perspectives de rupture globale n’est pas « porteur» électoralement, d’autant moins que notre système politique n’est pas conçu pour traiter des questions de long terme. Et puis, beaucoup de nos dirigeants, y compris chez les écologistes, ne connaissent pas la pensée écologique systémique (étude du vivant dans sa globalité, dans ses interconnexions), ou ne sont pas à jour – ils en sont restés à l’empreinte écologique… Nous avons un travail pédagogique à faire sur ces nouveaux champs, mais aussi sur ce que « croire » signifie vraiment.

Que voulez-vous dire ?
Savoir ne suffit pas. Les responsables politiques qui discutent des chiffres climatiques lors des COP, ont lu les rapports des experts. Ils savent. Mais ils n’y croient pas, comme si la tête savait mais que le coeur s’y refusait. Les connaissances doivent percuter le corps, les tripes, pour prendre toute leur dimension et pour qu’on puisse y croire. Le philosophe australien Clive Hamilton est celui qui m’a le plus décomplexé à ce sujet. Dans son livre Requiem pour l’espèce humaine, il décrit parfaitement comment il a « émotionnellement (accepté) ce que cela signifiait vraiment pour l’avenir du monde » et s’est senti « soulagé d’admettre enfin ce que (son) esprit rationnel n’avait cessé de (lui) dire ». Il ne s’agit pas d’une prise de conscience. C’est une prise d’émotion. Une fois qu’on l’a ressentie, plus rien n’est pareil.

C’est compliqué de parler d’émotions pour vous qui êtes scientifique de formation ?
Très ! La culture de cette profession nous demande de rester « neutre ». Pourtant, ceux qui sont plongés dans l’étude du changement climatique, de la destruction de la biodiversité, sont les premiers touchés par toute une palette émotionnelle - tristesse, colère, désespoir... Quelques uns commencent à en parler - la chercheuse Camille Parmesan, corédactrice des rapports du GIEC, a osé déclarer publiquement une « dépression professionnelle ». Mais ils sont rares. L’historienne des sciences Naomi Oreskes a d’ailleurs montré comment cette culture a conduit les climatologues à communiquer une version sous-estimée des dangers. Selon elle, les scientifiques devraient davantage exprimer leurs inquiétudes, leurs émotions, pour transmettre le message.

Y croirait-on plus ?
Si plusieurs climatologues du GIEC s’autorisaient à pleurer en public, à l’instar des larmes du représentant des Tuvalu au sommet sur le climat en 2009, ou celles de Nicolas Hulot lors de sa démission, ils provoqueraient un « déclic » énorme. Mais notre société dit encore trop souvent : c’est la preuve que la politique n’est pas faite pour lui, il est trop émotionnel...
Et pourtant les impacts des émotions sur notre perception des risques, nos manières de penser, d’agir sont fondamentaux. C’est ainsi que fonctionne le cerveau ! Le cerveau « émotionnel » nous aide à faire nos choix moraux, nos choix d’action, puis le cerveau « rationnel » justifie ce qui a été décidé en amont de façon intuitive et émotionnelle. Alors oui, il faut apprendre à voir, comprendre, accueillir nos émotions, pour le bien commun.

C’est le but de la « collapsosophie » que vous proposez dans votre livre ?
Nous avons remarqué que plus nous nous en tenions aux chiffres, plus nos auditeurs étaient sidérés. Pour ne pas devenir fous devant ce gavage de mauvaises nouvelles, nous avons eu besoin de sortir du « logos » (la « raison » en grec). D’où ce terme de « collapsosophie » : une sagesse pour traverser les tempêtes, pour ne pas nous effondrer intérieurement. Nous avons besoin des émotions, de l’intuition, de la philosophie, de la spiritualité aussi, pour accompagner la rationalité scientifique. C’est une manière de penser l’effondrement, et d’y croire, en prenant soin de nous et des gens. J’insiste bien, il ne s’agit pas de rejeter la raison. C’est la science qui nous montre les limites, qui nous explique le fonctionnement du système-terre. Mais le curseur est allé trop loin dans cette rationalité froide, devenue toxique pour la société.

Dans votre livre, vous insistez sur un chemin intérieur, vous ne croyez pas dans le politique ?
Beaucoup nous reprochent de ne pas avoir abordé la question politique de l’effondrement. C’est la plus importante. Mais pour la construire, il faut d’abord être d’accord sur le constat – c’était l’objet de notre premier ouvrage. Vient ensuite la question de la voie intérieure - la sagesse, les émotions, les spiritualités. Mais ce tome 2 n’est pas un appel au repli individuel : il s’agit de définir un élan spirituel qui redonne de la force au collectif, qui redonne envie d’agir ensemble et de créer des politiques moins toxiques. A partir de là, on est un peu mieux préparé pour le chemin extérieur, la transition, l’organisation collective. « Que faire ? », ce sera le tome 3, mais ce n’est peut-être pas à nous de l’écrire...

Peu de scientifiques s’aventurent sur le terrain de la spiritualité...
Mettre les pieds dans le plat est devenu notre spécialité ! « Effondrement » était un gros mot, nous avons contribué à le désamorcer. Nous voulons aussi désamorcer le mot « spirituel », qui met tellement mal à l’aise. En tant que scientifique athée, anarchiste, j’ai longtemps été fâché avec les religions et les spiritualités. Et puis je me suis apaisé, grâce notamment à la définition qu’en donne philosophe Dominique Bourg dans son livre Une nouvelle terre. La spiritualité n’est pas un gros mot, elle est essentielle pour vivre. C’est notre rapport au monde, à tout ce qui nous a été donné et que nous n’avons pas produit - la nourriture, le soleil, les autres humains et non humains... Définir et vivre ces liens au monde est une question fondamentale : est-on dans la réciprocité ? Dans la gratitude ? Dans l’indifférence ? Cette question traverse d’ailleurs la récente mobilisation des Gilets jaunes, des gens venus de milieux différents, qui redécouvrent la puissance de la solidarité, et la jouissance, le plaisir d’être et d’agir ensemble.
Aujourd’hui, la spiritualité fait un retour, revu et corrigé par le capitalisme marchand qui a choisi de la nommer « développement personnel ». Pourquoi ne pas l’aborder de manière plus saine ? C’est ce que nous proposons en puisant dans des traditions boudhistes, amérindiennes... C’est sans doute un peu naïf, maladroit, mais c’est un début. Il faut vivre aussi avec le risque que cette quête spirituelle puisse mener à des dérives. Il y aura, et il y a déjà, des gourous, des pseudo-religions. Mieux vaut devenir compétent pour éviter les risques. Pour ma part, j’ai choisi de mettre les mains dans le cambouis, avec cet horizon que me donne l’effondrement, pour répondre à cette deuxième interrogation essentielle qui définit la spiritualité : quel est mon horizon d’accomplissement ? Que dirai-je à mes enfants, à mes petits-enfants sur mon lit de mort : voilà ce que j’ai été, voilà ceux avec qui j’ai fait récit commun, voilà à quoi j’ai cru.

Propos recueillis par Weronika Zarachowicz

samedi 8 décembre 2018

Passer du OU au ET = relier

Ah ça me détend de l'écouter !!
Je me sens en famille, je me sens rejoins.
> interdisciplinarité, croisements, systémique, intuittion, reliance...

"il est temps de passer d'une société du "ou" (qui cloisonne) à une société du "et" (qui réunit)"


La 2ème loi de la jungle : l'entraide

jeudi 6 décembre 2018

Autonomie(s)

Bon, dans la case :
je commence le changement par moi-même.
ou par nous-mêmes disons, parce que pour les grincheux, l'autonomie ça n'a rien à voir avec l'autarcie,
l'autonomie c'est plutôt la reconnaissance de l'interdépendance avec la rivière et la colline, avec micheline et jacques, avec l'abeille et la bactérie (lire "Jamais seuls").
C'est le chemin pour libérer les 400 esclaves énergétiques (par personne) qui bossent pour nous jour et nuit (et finissent donc en CO2 dans l'atmosphère et en accélération vertigineuse de la prédation des ressources du monde, et aussi de nos vies - chais pas si vous aviez remarqué le côté accélération ?!).
C'est aussi le chemin pour recroiser ses voisins plus souvent et faire des trucs de la vie ensemble, à proximité, sans passer forcément par l'argent, donc par le travail salarié tout ça tout ça... je dis ça je dis rien
Et ça n'empêche pas de faire de la politique ! Ah mince, c'est déjà politique de créer des modes de vie ?
Non !? Je croyais que politique c'était tout ce qui n'est pas personnel, c'était seulement des longues réunions, des opinions contre d'autres opinions qui s'écoutent pas, des programmes, des tracts, des élections, des assemblées de mecs vieux-blancs-riches qui ont les réponses pour la vie des autres, des grandes institutions compliquées qui ne savent plus pourquoi (pour qui !!!) elles ont été créées au début...
Mais alors si ça se trouve, sortir dans la rue pour dire "merde c'est dur, on sait pas trop mais on sent que ça va pas, on veut se croiser et se tenir chaud... et puis on trouvera peut être un truc...", ça pourrait être politique aussi ?!



https://boutique.kaizen-magazine.com/hors-serie/331-lot-autonomie.html?fbclid=IwAR2zY4ypn1lfFDxZV8Y-Jx-4Pa_Fowo6pDzie0SXFgWI5mkoS1fRKnZWbB8 

Et si tout s'effondrait ? Pablo Servigne & Vincent Wattelet




Et si tout s'effondrait ? Imaginer un monde plus résilient pour demain.
Conférence de Pablo Servigne & Vincent Wattelet

 Pour un nombre croissant de scientifiques et d’institutions, notre civilisation thermo-industrielle n’a plus d’avenir. D’ici quelques années, la satisfaction de nos besoins élémentaires en eau, en énergie, en nourriture pourrait ne plus être assurée à des coûts accessibles au plus grand nombre par des services encadrés par la loi. Le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité, inexorables, et un cataclysme financier et énergétique très probable, auront bouleversé l’ordre social que nous connaissons. C’est à notre génération qu’incombe la tâche de s’y confronter.

Comment vivre avec cette idée ? Quel rôle accorder à nos émotions et à nos imaginaires dans cette période de transition ? Une renaissance est-elle possible ? Comment concilier lucidité et enthousiasme afin de faire émerger dès maintenant des formes de sociétés plus sobres, locales, coopératives et résilientes ?


Pablo Servigne est ingénieur agronome, docteur en biologie et chercheur in(terre)dépendant. Il est l’auteur de Nourrir l’Europe en temps de crise (Nature & Progrès, 2014), et coauteur de Comment tout peut s’effondrer (Le Seuil, 2015) et du Petit traité de résilience locale (Charles Léopold Mayer, 2015).

 Vincent Wattelet est écopsychologue. Animateur et formateur eu sein du Réseau Transition, il travaille sur les questions de transition intérieure, notamment sur les liens entre lucidité et enthousiasme. Il co-anime également des ateliers de Traversée qui Relie (Terr'Eveille), pratiques de reliance à soi, aux autres et à la Nature. 

Désobéissance civique !

Désobéissance civique ! et en silence c puissant !!!!
ça me fait penser à ce livre "Le silence de la mer" de Vercors
https://www.franceinter.fr/…/ca-peut-pas-faire-de-mal-28-av…


Pour protester contre le manque d'effectifs, les sapeurs-pompiers de Cholet ont tourné le dos aux élus durant la cérémonie officielle de la fête de la Sainte-Barbe ce samedi 1er décembre.
Voici leur message : « Nous, l’ensemble des sapeurs-pompiers de Cholet, avons décidé de tourner le dos pendant la cérémonie officielle de la sainte barbe à notre élu, M. Brault, qui est notre président du service départemental d’incendies et de secours du Maine-et-Loire. Cette personne et notre directeur départemental n’écoutent pas nos revendications et nous poussent à faire cette démarche. Nous pouvons remarquer sur cette vidéo, un certain inconfort de l’élu ainsi que du maire de Cholet.

Fous !


Ecopsychologie


S'appuyant sur sa profonde expérience de coach de vie, Baker écrit sur le besoin spécifique de comprendre nos relations clés dans une société en crise, et sur la façon de naviguer à travers les différents niveaux d'acceptation de l'effondrement, des traumatismes et du deuil. Les relations clés incluent celles avec nos partenaires, enfants, amis, voisins, ainsi que les relations avec notre travail, notre corps, nos ressources naturelles, la nourriture et l'alimentation, les animaux, les générations futures, Eros et, bien sûr, les pouvoirs de l'univers.

https://carolynbaker.net/books/?fbclid=IwAR1sP4DvgF2A-MnubDcn-8S432xgH4UkOuHKR2INhMNwce3L13hxyZ2odcA




Ecopsychology Voices - Carolyn Baker, PhD from Carol Koziol on Vimeo.




POUR une spiritualité TRANSFORMATRICE



"La spiritualité que nous avons besoin de développer pour réaliser le changement social doit avoir un effet mobilisateur en faveur de ce changement.
Elle ne doit pas simplement nous permettre de rester là à aimer le monde, quoi qu'il arrive.
Elle doit créer une qualité d'énergie qui nous incite à l'action.


Pour cela, nous commençons par être capables de nous relier aux autres d'une manière qui satisfait leurs besoins et les nôtres.
Le changement social s'amorce dès lors que nous nous libérons de "ce qui n'est pas en harmonie avec le genre de monde que nous souhaitons créer".





https://editions-jouvence.com/livre/cl%C3%A9s-pour-un-monde-meilleur?fbclid=IwAR02gOqGxc9Yh2Vc2CFdi7-UqyXqnLJ50ZuqScW6RKO0N8Q1HCg9p-Q8jnY

Eloge du conflit = éloge de la vie !

Eloge du conflit = éloge de la vie !
Toujours d'actualité.


Voir les vidéos
http://tvbruits.org/spip.php?article951&fbclid=IwAR2pT4qPAQUVwr4S4ajObiGJM_mKJ-uNxy-90VnNzI9tjcVDtljvy0C__Gg


Le déni ou l'écrasement du conflit (au sens de désaccord, au sens de l'altérité) mène à l'affrontement.
Tous les pouvoirs cherchent à réduire la multi-dimensionnalité sociale, à faire converger un mouvement social. Pour l'écraser. Par un affrontement unidimensionnel NOUS/EUX.

Dans un mouvement social, la conflictualité, la multiplicité, la non convergence, c'est la vie. Ce qui n'empêche pas d'avoir des buts communs : la justice par exemple.
Avec des dimensions diverses : justice sociale, justice climatique, justice économique, justice post-coloniale, justice ville/campagne, justice femmes/hommes, justice...

La convergence, c'est le point de vue d'en haut, une seule tête ! Le point de vue d'en haut, c'est celui des commissaires. Les commissaires de POLIce ou les commissaires POLItiques. Restons malPOLIs.

[...]
Et la conclusion MAGNIFIQUE : il parle des luttes, des minorités agissantes qui n'ont pas comme objectif de devenir majoritaires mais d'être des contre-pouvoirs, des laboratoires sociaux :
"On a fait ça pour survivre... et on a trouvé un mode de vie supérieur !"

Climat : Greta Thunberg, appelle les enfants à "se mettre en colère"

BOUM !

« C’est une menace existentielle à laquelle nous sommes confrontés. C’est la plus grande crise que l’humanité n’ait jamais connue. Nous devons faire quelque chose maintenant car demain il sera peut-être trop tard. J’exhorte tout le monde à faire comme moi. Tous les vendredis, j’irai m’asseoir devant le Parlement suédois, je n’irai pas à l’école pour me battre pour le climat jusqu’à ce que la Suède soit alignée sur l’accord de Paris. Je pense que nous, les enfants, devrions nous mettre en colère et faire entendre notre voix et rendre toutes les générations responsables de ce qu’elles ont créé. »


https://positivr.fr/greta-thunberg-cop-24-climat-colere-enfants/?utm_source=actus_lilo&fbclid=IwAR3eGbNoCXnzVXJ7pij0BqpqHXxTcAsRhcFta-JrS_fNlEkbXGrSPquf3WY 

mercredi 5 décembre 2018

”Chaque personne qui insultait un gilet jaune insultait mon père”

Edouard Louis : ”Chaque personne qui insultait un gilet jaune insultait mon père”
L'écrivain analyse le mouvement des gilets jaunes dans un texte qu'il nous a transmis.
https://www.lesinrocks.com/2018/12/04/actualite/edouard-louis-chaque-personne-qui-insultait-un-gilet-jaune-insultait-mon-pere-111149208/



Extrait
[...]
Il y a différentes manières de dire : "Je souffre" : un mouvement social, c'est précisément ce moment où s'ouvre la possibilité que ceux qui souffrent ne disent plus : "Je souffre à cause de l'immigration et de ma voisine qui touche des aides sociales", mais : "Je souffre à cause de celles et ceux qui gouvernent. Je souffre à cause du système de classe, à cause d'Emmanuel Macron et Edouard Philippe".
Le mouvement social, c'est un moment de subversion du langage, un moment où les vieux langages peuvent vaciller. C'est ce qui se passe aujourd'hui : on assiste depuis quelques jours à une reformulation du vocabulaire des gilets jaunes. On entendait uniquement parler au début de l’essence, et parfois des mots déplaisants apparaîssaient, comme "les assistés". On entend désormais les mots inégalités, augmentation des salaires, injustices.

Ce mouvement doit continuer, parce qu'il incarne quelque chose de juste, d’urgent, de profondément radical, parce que des visages et des voix qui sont d'habitude astreints à l'invisibilité sont enfin visibles et audibles. Le combat ne sera pas facile : on le voit, les gilets jaunes représentent une sorte de test de Rorschach sur une grande partie de la bourgeoisie ; ils les obligent à exprimer leur mépris de classe et leur violence que d’habitude ils n’expriment que de manière détournée, ce mépris qui a détruit tellement de vies autour de moi, qui continue d’en détruire, et de plus en plus, ce mépris qui réduit au silence et qui me paralyse au point de ne pas réussir à écrire le texte que je voudrais écrire, à exprimer ce que je voudrais exprimer.

samedi 1 décembre 2018

Richesse vitale de la dissidence dans un groupe - Miki Kashtan


Un manuel d'instructions pour et sur les dissidents
 
http://thefearlessheart.org/an-instruction-manual-for-and-about-dissenters/?fbclid=IwAR3_hhu8gP5lOfAs5bCy85N4y20xlcDLNeNgkfly6F1zkGhVUyf4DNUsbJE

[...]
Tout d'abord, j'ai remarqué que lorsque j'animais un groupe comprenant une personne à laquelle beaucoup de membres du groupe ne savaient pas comment répondre, les gens venaient souvent me voir après et me remerciaient particulièrement pour les moments où je m'étais engagé avec cette personne: c'est ce qui leur donnait le plus d'espoir, disaient-ils souvent. Voir comment j'ai répondu leur a appris quelque chose sur la façon d'être dans un groupe. J'ai également remarqué qu'après de tels échanges, le groupe entier se sentait souvent plus cohérent et prêt. Plus de gens partageraient. J'ai compris, peu à peu, que pouvoir inclure des valeurs dissidentes était une force dans un groupe.
Il me restait encore des années avant d'avoir acquis la conviction inébranlable que tout engagement réussi avec une personne aberrante, en particulier dans le contexte d'une prise de décision, conduit à davantage de sagesse.
[...]
Cette compréhension est ce qui m'a conduit à une caractéristique essentielle et unique de la Facilitation convergente : la sollicitation active de la dissidence avant de prendre toute décision.
[...]
Il s’agit de permettre aux gens de franchir plus facilement la barrière que représente la cohésion de groupe afin de se placer au centre de l’attention de sorte que le groupe puisse bénéficier de la sagesse qui se dégage ensuite.
[...]
Sur le plan pratique, la question que je me pose et sur laquelle j’invite le groupe à réfléchir est la suivante : quel niveau de sagesse exige la situation compte tenu de son objectif ?
[...]
Quelle que soit la largeur du filet que nous jetons, nous pouvons faire certaines choses pour faciliter l'expression de la divergence. La première est que les questions oui / non sont plus faciles à répondre que les questions ouvertes.
[...]
je pense souvent en termes de poser une question telle que l'expression de la dissidence sera un «oui» plutôt qu'un «non».
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L’une de mes pratiques fondamentales que j’ai intégrée de manière profonde est la pratique consistant à apprécier les messages difficiles quand ils arrivent, même si je ne les aime pas. Dans le contexte du travail en groupe, cela signifie récompenser les personnes qui disent «non» en leur disant «oui».
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Mettre l'accent sur la continuité et la similitude
L’un des pièges à éviter, celui que j’ai encore partiellement surmonté, c’est l’habitude de voir notre différence d’autrui bien plus que notre ressemblance avec eux.
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Dans ce contexte, j'ai trouvé que la pratique de la communication nonviolente était d'une aide fantastique. Cela aide à la fois la similitude et la différence. Il est toujours vrai que mes besoins et ceux des personnes présentes dans la pièce avec moi sont les mêmes. C'est la continuité, et c'est aussi le principe de base de la CNV. Les différences sont dans les sensibilités, les sensibilités, les histoires personnelles et culturelles et le maquillage mystérieux qui mènent finalement à la différence d'opinions, de préférences ou même de vision du monde
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Une fois que je vois la continuité, je peux aussi me souvenir plus systématiquement que ce que j’ai à offrir est un cadeau, pas un problème. Si je suis immergé dans la différence, je suis plus susceptible d'être dans la peur et la protection, ce qui rend l'offre de cadeau contractée, non généreuse et fluide.
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Renforcer la collaboration en encourageant la dissidence

http://thefearlessheart.org/strengthening-collaboration-through-encouraging-dissent/?fbclid=IwAR3pCG6Wdr9J7FqwkEy3Cva9QE2P8P7lC7eAFDnUU1276UvVilUz4WXHohk

La première fois que j'ai entendu dire que les groupes prospéraient grâce à la dissidence, je n'aimais pas l'idée. Cela a été évoqué lors de conversations avec Tom Atlee du Co-Intelligence Institute , au milieu des années 90. Tom était clair, sur la base de son expérience dans les mouvements activistes et en particulier lors d'une marche de la paix dans plusieurs pays, que la dissidence est essentielle pour que les groupes fonctionnent de manière intelligente. Si bien que si un groupe avait trop peu de dissidence, il a plaidé pour une recherche active de la dissidence afin de garder le groupe frais et créatif.
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Je peux maintenant voir que je pensais à la CNV comme un outil de prévention plutôt que de transformation du conflit. D'une certaine manière, je croyais que si tout le monde pouvait simplement exprimer ses sentiments et ses besoins et formuler des demandes claires - les compétences centrales que j'enseignais - les désaccords diminueraient, voire disparaîtraient complètement.
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Bien que la plupart d’entre nous s’attendent à ce que la dissidence détruise un groupe, si elle est traitée efficacement, elle devient souvent extraordinairement fertile.
Comment faisons-nous cela? Comment pouvons-nous surmonter notre aversion pour le conflit afin d'exprimer et d'inviter la dissidence? Et une fois que nous en avons eu connaissance, comment réagissons-nous à la dissidence d'une manière qui conduit à une percée au lieu d'une rupture?
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La facilitation convergente fait le contraire, en invitant activement et en s’engageant avec la dissidence afin de créer un climat de confiance et de maximiser la créativité. Quand une personne peut exprimer un point de vue différent tout en prenant au sérieux ses préoccupations, cela aide tout le groupe à comprendre le casse-tête étonnant qui consiste à faire en sorte que cela fonctionne pour tout le monde.
Je cultive cet environnement créatif en accordant une attention particulière aux personnes que je qualifie de «personnes divergentes». Les personnes éloignées sont celles qui persistent à ne pas être d’accord lorsque tous les autres sont installés. Ils sont disposés à soulever des points de discorde et des malaises que d'autres pourraient être trop timides pour évoquer.
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vous pouvez les convertir d’un problème à une ressource en considérant leur divergence même en tant que ressource. Les possibilités sont infinies. Quelqu'un est inquiet à propos du temps? Demandez-leur d'être le gardien du temps. Quelqu'un n'arrête pas de faire des trous dans une proposition? Demandez-leur de prendre l'avis de tous et de le convertir en une proposition révisée. Quelqu'un met en doute la validité d'une conclusion ? Invitez-les à diriger un groupe de recherche ad-hoc qui étudiera le sujet et reviendra avec un rapport plus détaillé. De cette manière, les soins pour le tout, qui motivent souvent les personnes éloignées, peuvent être mobilisés au service de l'objectif commun du groupe.

La démarche spirituelle d’Albert Jacquard

« Dans mon cas, j’ai besoin de plus que ce que l’univers me montre. » Le généticien Albert Jacquard explique la nature de sa démarche spirituelle agnostique.

Source : Second Regard, 13 septembre 1998 Journaliste : Guylaine Bussière  
https://ici.radio-canada.ca/info/videos/media-7991240/demarche-spirituelle-albert-jacquard



Je suis la Nature





Intensité

http://lesmoutonsrebelles.com/un-artiste-japonais-dessine-des-sentiments-que-tout-le-monde-a-eu-au-moins-une-fois-mais-n-a-pas-pu-decrire/