Source : https://lareleveetlapeste.fr/climat-guillaume-faburel-imagine-7-refuges-post-urbains-pour-2050/
Je défends des communs territoriaux : pâturages, glanage, bois partagés, terres rachetées par des groupements citoyens. Les foyers ruraux, nés après la Seconde Guerre mondiale, en restent un bon exemple ; la France en compte encore 1 700.
Métropoles saturées, énergie qui se raréfie, désir de campagne en hausse depuis quarante ans. Guillaume Faburel esquisse une bifurcation vers les ruralités, quitte à bousculer l'État et le capitalisme. Entretien.
Guillaume Faburel est géographe. Il porte depuis cinq ans le Mouvement post-urbain et savoirs de la main, né d’une vingtaine d’organisations. Faburel et une équipe de géographes du courant post-urbain ont croisé une trentaine d’indicateurs. Chaleurs extrêmes, risques d’inondation, qualité des sols, disponibilité de terres agricoles, pression foncière : autant de critères pour identifier des territoires plus vivables d’ici 2050.
Sept ensembles ressortent de cette cartographie. Trois zones de collines, en Bretagne, en Normandie et dans le Poitou, dont la Gâtine des Deux-Sèvres. Quatre massifs de moyenne montagne : une partie des Pyrénées centrées sur l’Ariège, les plateaux du Massif central, le Morvan et les Préalpes. Ces territoires partagent un trait commun, celui d’être en retrait des littoraux et de leur pression touristique.
Guillaume Faburel insiste pourtant sur un point. Ce ne sont pas des eldorados. L’accès à l’eau ou aux services y reste parfois difficile. En revanche, ces espaces offrent davantage de marges pour construire des modes de vie sobres, dit-il, à condition de transformer radicalement les habitudes de consommation et de mobilité.