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« La société de l’herbe n’est pas adaptée au monde qui vient »
"L'idée n’est pas d'opposer les cultures, mais de réintroduire l'arbre dans l'agriculture", résume Mathieu Foudral.
L’agriculture n’a rien d’éternel. Elle est née il y a environ dix mille ans, au début de l’Holocène. Mathieu Foudral le rappelle : “ce basculement a eu lieu grâce à une relative stabilisation des températures, après la dernière glaciation. Cette régularité a permis d’établir des calendriers agricoles précis, du semis à la récolte. Stonehenge en reste un vestige célèbre.” Ce type de calendrier existait, selon lui, « quasiment sur tout le globe« .
Ce socle climatique a fondé dix millénaires de civilisations construites sur les céréales. Or il vacille. Les saisons ne se ressemblent plus d’une année à l’autre. Mathieu Foudral cite un exemple personnel : un mois de mai exceptionnellement sec, suivi deux ans plus tard d’une année particulièrement humide.
Les données de Météo-France lui donnent raison. Mai 2022 reste le mois de mai le plus sec depuis 1959, avec 65 % de pluie en moins. Mai 2024, à l’inverse, compte parmi les plus pluvieux depuis 2013, avec 55 à 60 % de pluie en plus.
En conséquence, les rendements de blé, de maïs et de riz commencent à baisser un peu partout dans le monde. Une fragilité d’autant plus préoccupante que l’humanité dépend de cinq céréales seulement pour l’essentiel de son alimentation.